L’APPRENTISSAGE
Le renforcement de la formation professionnelle initiale (apprentissage) répond à un double enjeu : proposer aux jeunes une formation qualifiante et adaptée leur permettant de sortir du système éducatif avec des compétences et des diplômes reconnus ; offrir aux entreprises une main d’oeuvre jeune qualifiée.
Les idées et propositions qui sont développées dans la présente note visent à renforcer l’efficacité de l’apprentissage tant au niveau de l’organisation des filières de formation que de leur adaptation aux besoins des entreprises.
I Les aménagements de l’enseignement professionnel
Le travail des formateurs peut être facilité par un renforcement du dispositif de l’alternance et la multiplication des stages en entreprises.
Il serait donc souhaitable d’élargir le dispositif de l’alternance à un grand nombre d’élèves, mieux ciblés par les équipes pédagogiques.
L’effort devrait également porter sur l’amélioration de la complémentarité entre le savoir de base et les gestes élémentaires enseignés à l’école et l’expérience acquise en entreprise.
Les stages en entreprises gagneraient aussi à disposer d’un cadre juridique clair, dans lequel les missions seraient précisées au sein d’un cahier des charges remis aux formateurs.
Les maîtres de stage, maîtres d’apprentissage et autres tuteurs du jeune apprenti pourraient encore bénéficier d’une réelle formation pédagogique, destinée à améliorer la qualité de leur enseignement.
Les différents acteurs de la formation professionnelle initiale ont tout intérêt à mieux mettre en commun leurs moyens de formation. Il convient donc de développer les synergies entre les différentes structures en charge de l’enseignement professionnel et technologique.
Les Lycées d’Enseignement Professionnel (LEP), les Lycées d’Enseignement Général et Technologique (LEGT) et les Centres de Formation des Apprentis (CFA) doivent davantage mettre en commun leurs moyens au niveau des matériels de formation, des locaux et des personnels. Les échanges entre les différents acteurs de la formation professionnelle initiale doivent être favorisés. L’interactivité entre les CF-LEGT-LEP et les entreprises doit être renforcée.
II Financements de l’apprentissage et mise en place d’une politique des filières
Améliorer le financement de la formation professionnelle initiale passe par une redistribution du produit de la taxe d’apprentissage. Un rééquilibrage du versement du produit de cette taxe entre les Centre de Formation pour Apprentis dans l’Artisanat et les Centres de Formation pour Apprentis dans l’Industrie est indispensable. Ce rééquilibrage peut être obtenu par une plus grande liberté laissée aux entreprises quant au choix du destinataire de cette taxe.
Engager une politique des filières suppose une amélioration de la lisibilité des diplômes. Dans cette perspective, il importe de revaloriser le CAP qui doit être considéré comme un véritable diplôme professionnel, et non un simple diplôme d’insertion.
Les poursuites d’études doivent être favorisées au maximum par un renforcement des passerelles entre CAP, Bac Pro, BTM, BTS et BMS.
III L’apprentissage et l’entreprise
Les offres de stages et de formation initiale en entreprises sont en diminution. Pour inverser cette tendance, il conviendrait d’améliorer la lisibilité des aides versées aux entreprises (prime à l’embauche, prime de compensation) pour la formation des jeunes sans qualification. Une aide supplémentaire octroyée aux entreprises qui embauchent un apprenti pour la première fois aurait aussi son utilité.
L’accompagnement financier et l’information des chefs d’entreprises semblent donc primordiaux pour développer l’apprentissage dans leur société.
La prise en compte de leurs besoins de qualifications est tout aussi essentielle. Elle pourrait être obtenue en développant la complémentarité entre l’apprentissage des gestes de base en formation et le travail en entreprise. Les carnets de liaison entre acteurs de la formation professionnelle initiale et entreprises peuvent faciliter cette collaboration au même titre qu’une multiplication des visites d’entreprises par les formateurs.
L’adaptation du contenu des formations préparatoires aux diplômes aux besoins des entreprises, selon les secteurs d’activités et les bassins d’emploi, gagnerait à être systématisée.